Golem

Golem ce que je dis n’est que du vent un grand souffle une expiration qui ne se termine jamais la langue déchire l’espace nous sépare transperce ​de part en part​ ce n’est pas de la littérature ni des boniments c’est une tempête continue qui traverse le corps Golem tu restes sur le palier trempé jusqu’aux os jusque dans l’entre cuisse le moisi les relents de solitude tu restes immobile tu ne franchis pas le seuil les morts te tiennent les chevilles les morts que tu ne vois pas que tu n’entends pas les morts que tu crois avoir emprisonnés à jamais dans la terre glaise pieds et poings liés que la paix soit avec nous et en nous en nous les spectres qu’on n’ose interpeler en nous comme les cendres que l’on avale pour se soigner les tripes et calmer nos insomnies je me perds entre les côtes à chercher la demeure où l’on pourrait enfin dormir je n’arrive pas jusqu’à toi le plancher vermoulu cède Golem tu ne bouges pas impassible le regard dépossédé de toutes lumières je vois ta bouche grande ouverte mais je ne gouterai pas tes lèvres tu te confonds avec le gris du ciel je passe mon tour je désespère que les signes ne se trompent pas la chute ne se termine jamais ce que je dis n’a pas de fin malgré la langue il y a cet espace aux relents de solitude qui nous sépare ce cri inaudible soumis au grès du vent nous laisse nu.

Comme dans une chanson

Comme dans une chanson de Father John Misty moi aussi je quitterai Los Angeles une ville où je n’ai jamais été peu importe je partirai le départ quand on laisse tout derrière soi pour se donner un style face au soleil je veux être le départ je marcherai sur la route jusqu’à m’en fracturer les pieds le sac à dos sur une épaule la nonchalance c’est important sans regarder derrière moi je quitterai la ville pour le désert je partirai comme dans une chanson je me donnerai de bonnes raisons quitter Los Angeles parce que c’est là que tout se joue la posture l’intention le romantisme d’une séparation la tristesse dans le sac à dos et ce macaque sur mon épaule qui se fout de ma gueule tout en jouant avec mon briquet je me consume dans ma mélancolie mais c’est si bon de partir tout laisser c’est pas Father John Misty qui va me contredire je quitterai Los Angeles et d’autres villes sans me retourner pour le style vers la lumière rasante l’horizon flamboyant le sac à dos plein de promesses et un singe trop lourd sur mon épaule qui ricane de mes inepties pas grave personne ne nous suivra je serai le départ son incarnation et personne pour contredire notre solitude moi mon singe ma mélancolie je prétendrai marcher vers une autre ville comme un enfoiré de loup solitaire mais je n’irai jamais j’avais prévenu enfoiré j’ai dit car on sera toujours sur le départ hein mon petit macaque on est si bien à se trainer le cul sans se retourner pour tout quitter longer le désert le corps bien droit la posture digne la poussière dans l’estomac le feu dans les veines les cierges qui brulent dans la nuit mon briquet dans le caniveau mon singe qui chiale alléluia c’est tellement beau putain comme dans une chanson de Father John Misty.

Émission 1.3 – 04/2017

Avec: Pénélope Corps qui s’essaye à la méditation, Christophe Siébert qui vous annonce que vous êtes tous déjà mort, François Corvol qui entend des chuchotements, Fabien Drouet qui souhaiterait sortir d’ici, Pierre Anselmet aka 411 qui ne sait pas quoi répondre quand on lui demande qui il est, et Céline Renoux qui perd le lien.

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Playlist & Textes:

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L’Effondras – Les Rayons De Cendre
->[Auteur] Pénélope Corps – Avant de dormir
Quasar – À la vie
The Caretaker – D1.I still feel as though I am me
->[Auteur] Christophe Siébert – Vous ne croyez à rien
AL’TARBA – INFECTED STREETS
Blanck Mass – The Rat
->[Auteur] François Corvol – Sans Titre
Emma Ruth Rundle – Protection
->[Auteur] Fabien Drouet – Sortir d’ici
Soft Hair – In Love
->[Auteur] Pierre Anselmet – « Qui es-tu? »
The Gaslamp Killer – Pathetic Dreams
->[Auteur] Céline Renoux – Plus loin les Appalaches
Ben Lukas Boysen – Nocturne 4
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Ce Podcast a utilisé des sons du site Freesound :

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