Le corbeau revient.

J’ai adoré faire « Une étoile dans la gorge ».

C’est le constat qui s’est finalement imposé au fil du temps pour atteindre son point de non-retour depuis janvier pour être exact. La  possibilité de reprendre l’émission que j’ai mené entre 2012 et 2014 prend corps et se précise jour après jour.

Parce qu’il ne faut pas perdre la mémoire, parce qu’il est nécessaire de poser le contexte d’une potentielle reprise des affaires, vous allez assister à une première phase sur ce site où je vais publier au fur et à mesure les anciennes émissions. Elles sont toutes accessibles sur Archive.org mais il est grand temps de remettre de l’ordre .

J’ai adoré faire « Une étoile dans la gorge ».

Et j’aimerai reprendre. Mais sans retomber dans les pressions, les contraintes qui m’ont submergé  il y a presque 3 ans. Pour tout vous dire, j’avais fait appel aux maisons d’éditions pour tenter de connaitre la pléthore d’auteurs qui sévit en France, avoir de la matière pour commencer quelque chose de sérieux. Et très généreusement, ces maisons d’éditions m’envoyèrent une partie de leur catalogue. On dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions. J’ai compris qu’avec cette démarche que j’avais initié, ce dicton n’était pas totalement idiot. Je me sentais redevable après avoir reçu tant d’œuvre chez moi, honteux de bénéficier d’un tel avantage culturel sans même participer financièrement. Mais ce n’était pas le pire finalement. Le coup de grâce tombait quand je lisais des recueils qui ne me plaisaient pas. J’étais catastrophé pour l’auteur tout d’abord mais aussi pour l’éditeur. Qu’est ce que je devais faire?  Lire alors que je trouvais ça mauvais? Ne pas le lire alors que l’on me l’avait donné gratuitement? La sensation désagréable de perdre ma liberté d’expression ne devait plus me lâcher jusqu’à l’arrêt de l’émission, même si je reste persuadé qu’il n’y avait aucunement la volonté de me placer sous contrôle. Il n’y avait aucune connivence, aucune demande explicite de leur part.  Les éditeurs ont été d’une grande gentillesse et je leur en suis gré. Je sais la chance que j’ai eu d’avoir leur confiance. Je n’ai pas su gérer, voilà tout. Mea Culpa. Des problèmes de riche quoi.

J’ai adoré faire « Une étoile dans la gorge ».

L’autre souci était la cadence. Deux fois par mois : une fréquence impossible à tenir. La radio locale à qui j’avais proposé ce concept n’était pas en mesure de m’aider. Vous connaissez la loi de Murphy? Elle dit ceci:

Tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera nécessairement mal.

Loi que vous connaissez peut-être dans sa variation chiraquienne:

 Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille

J’ai donc largué les amarres et jeté tout ce qui m’encombrait à la mer. Désormais,  je suis le seul maitre à bord. Et à l’ère de l’immédiateté, de l’information en rafale, du plaisir instantané, de la pensée raccourcie, de la vérité enterrée,  j’ai envie de prendre mon temps, ce temps précieux de la réflexion, de la rêverie, de l’introspection.  La poésie mérite bien ça. Nous avons tout notre temps.

J’ai adoré faire « Une étoile dans la gorge ».

Le corbeau revient. Je l’ai vu près de ma fenêtre. Il est porteur d’un signe, un présage. Une porte s’ouvre vers un autre lieu, un endroit au-delà. On ne s’est rien dit. Mais je crois que l’on s’est compris. Le langage se situe ailleurs.

cropped-corbeau-seul22.jpg

4 réflexions sur “Le corbeau revient.

  1. ah ben c’est bon d’avoir l’histoire… et de voir que le corbeau est prêt à reprendre son vol, tranquille tranquillou 😉
    [ j’ai adoré écouter une étoile dans la gorge]

Dire ce que vous avez au fond de la gorge

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s