Golem

Golem ce que je dis n’est que du vent un grand souffle une expiration qui ne se termine jamais la langue déchire l’espace nous sépare transperce ​de part en part​ ce n’est pas de la littérature ni des boniments c’est une tempête continue qui traverse le corps Golem tu restes sur le palier trempé jusqu’aux os jusque dans l’entre cuisse le moisi les relents de solitude tu restes immobile tu ne franchis pas le seuil les morts te tiennent les chevilles les morts que tu ne vois pas que tu n’entends pas les morts que tu crois avoir emprisonnés à jamais dans la terre glaise pieds et poings liés que la paix soit avec nous et en nous en nous les spectres qu’on n’ose interpeler en nous comme les cendres que l’on avale pour se soigner les tripes et calmer nos insomnies je me perds entre les côtes à chercher la demeure où l’on pourrait enfin dormir je n’arrive pas jusqu’à toi le plancher vermoulu cède Golem tu ne bouges pas impassible le regard dépossédé de toutes lumières je vois ta bouche grande ouverte mais je ne gouterai pas tes lèvres tu te confonds avec le gris du ciel je passe mon tour je désespère que les signes ne se trompent pas la chute ne se termine jamais ce que je dis n’a pas de fin malgré la langue il y a cet espace aux relents de solitude qui nous sépare ce cri inaudible soumis au grès du vent nous laisse nu.

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