Christophe Siébert

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Le type, parce qu’il a décidé un beau jour de vraiment tout consacrer à la littérature – mais pas en discours, hein, pas en danseuse -, tient son cap contre vents et marées. Bien sûr, on perçoit bien qu’il doit en chier pas mal à l’occasion, traverser de gros coups de mou, c’est bien normal. Mais enfin, il trace sa route, comme hanté par une pulsion bien plus forte que lui, dont il respecte l’immensité comme un bon petit moine, justement, tout en refusant de reculer d’un pas d’un seul – comme un brave soldat. Le moine-soldat, ainsi, redonne tout son sens à l’expression terriblement galvaudée « on lâche rien », et s’il serait aisé bien entendu de conclure, lénifiant, que ses thématiques, ses obsessions, ses violences stylistiques confinent à la provocation pure et simple, un regard un tant soit peu honnête suffit à dissiper ce doute. (François Perrin)

Une vie toute entière à glisser dans la porte la carte magnétique et à mémoriser le numéro de la chambre, à s’asseoir sur le lit pour tester son confort, une vie toute entière à comparer cette salle de bain anonyme avec mille autres salles de bain anonymes, à regarder son reflet et à faire un effort pour se remémorer dans quel pays on est, dans quelle ville déjà ; une vie toute entière à marcher dans une travée de TGV et à lever les yeux vers le numéro des places, une vie à attendre le démarrage du train pour sortir les sandwiches, le Coca, le bouquin, une vie toute entière à poireauter dans le hall de départ, une vie à prévoir à la seconde près le moment où s’affichera le numéro du quai ; une vie toute entière sur le parking d’une gare routière, une vie toute entière sur une aire d’autoroute, une vie à choisir des sandwiches-club et à se dégourdir les jambes à trois heures du matin dans des odeurs d’essence, une vie à mater des visages qu’éclairent le bout rouge des clopes, une vie toute entière à somnoler le menton dans la main et à ouvrir les yeux dans des villes inconnues et à voir à travers son reflet une avenue déserte et la lueur orange de l’éclairage public ; une vie circulaire, une vie qui échappe à l’espace et au temps, une vie panoptique, une vie éternelle.(tiré de Découper l’Univers, Gros Textes, 2015)

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